Peur, anxiété, stress... mais c'est quoi la différence ?
- Coralie Leroy

- 1 juin
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 juin
Comprendre la différence entre peur, anxiété et stress, mais aussi leur lien, permet de repérer ce qui fragilise la sécurité intérieure.
Pensées en boucle, tensions dans le corps, émotions qui débordent. Vous avez la sensation de tout appréhender. De tout contrôler. De tout anticiper. Votre sommeil est de moins en moins réparateur. Vous vous réveillez épuisé(e).
Et vous ne savez plus comment sortir de cet engrenage.
Et si cet épuisement venait d'un mécanisme de peur qui s'était construit inconsciemment et progressivement en vous? Pour mieux comprendre ce mécanisme, commençons par mettre des mots sur la peur.
La peur : objectif, assurer sa survie
La peur fait partie des émotions de base avec la colère, la tristesse, la joie, le dégoût et la honte.
Une émotion, c’est une réaction passagère qui modifie l’organisme et le comportement.
Comme toute réaction, la peur :
se déclenche rapidement
et dure quelques secondes ou minutes
Et comme toute émotion, la peur comprend :
des sentiments (manifestations psychologiques) : choc, effroi, détresse, inquiétude, insécurité...
des sensations (manifestations physiques) : sursaut ou immobilité, yeux grands ouverts ou plissés, respiration coupée ou accélérée, crispation, tremblements...
Très rapidement, la peur permet d’évaluer une situation afin de déterminer s'il y a une menace ou un danger.
Si oui, cette réaction instantanée permet de trouver des moyens d’urgence pour y répondre.
Issue de l'instinct animal, la peur est un réflexe qui permet de prendre des mesures plus énergiques.
Grâce à elle, vous êtes capable de :
fuir
vous figer
attaquer
vous protéger
La peur est indispensable à l’être humain car elle le protège et assure sa survie.
Mais, sauf cas spécifiques, vivez-vous LA PEUR à proprement parler tous les jours ?
Cette réaction instantanée est plutôt rare.
Qu'exprimez-vous donc quand vous dites :
“ J’ai peur de ne pas réussir au travail ”
“ J’ai peur de ne pas être à la hauteur avec mon conjoint "
“ J’ai peur de faire une erreur et de décevoir ma famille ”
“ J’ai peur de ne pas être légitime et de ne pas avoir les capacités pour ce projet ”
“ J’ai peur du regard et du jugement des autres quand je poste sur les réseaux ”
“ J’ai peur d’être ridicule quand je prends la parole en public ou avec mes amis ”
“ J’ai peur de prendre une mauvaise décision en faisant ce choix ”... ?
En fait, dans ces exemples, il serait plus juste de dire : “ Je suis dans un état émotionnel de peur ”.
C’est-à-dire un prolongement de l’émotion de peur, et non l’émotion elle-même.
Et si c'était en fait cet état qui consommait toute votre énergie ? Qui vidait vos ressources silencieusement, jour après jour ? Qui épuisait vos réserves avant même d'avoir pu les reconstituer ?
Comment cet état s'installe-t-il et contamine-t-il progressivement votre travail, vos relations et vos activités ?
État émotionnel de peur : une diffusion lente et progressive
Contrairement à LA PEUR, cet ÉTAT ÉMOTIONNEL DE PEUR :
se développe de façon lente et progressive
est d’intensité plus faible
s'inscrit sur la durée
Il est moins clairement identifiable que la peur :
c’est une diffusion plus qu’une réaction.
Pour que l'état émotionnel de peur se construise, il suffit parfois d'un événement négatif marquant au cours de la vie, d'une situation néfaste vécue dans l'enfance, ou d'une personne toxique ayant gravité dans l'entourage. Mais il peut aussi naître d'une accumulation de micro-événements désagréables et de micro-rencontres malveillantes, sans choc ni traumatisme particulier.
Ces expériences vécues sont devenues une source d'information. Gardées en mémoire, elles vous ont permis d'en tirer un apprentissage et d'élaborer des stratégies pour éviter que la situation (ou une situation similaire) ne se reproduise.
C'est précisément là que s'installent les automatismes inconscients et les mécanismes de défense : des réponses qui, à un moment ont été utiles, et qui continuent de se déclencher longtemps après.
Deux états émotionnels de peur se distinguent très clairement : l'anxiété et le stress.
L'anxiété
L'anxiété est une inquiétude face à une situation appréhendée, anticipée, ou imaginée.
C’est la CRAINTE :
de devoir faire face à un danger, à un préjudice, une perte, une agression, un franchissement de limite
de ne pas avoir les ressources suffisantes pour y faire face
L'anxiété, c'est aussi se préparer au pire pour être prêt à réagir. C'est un état d'alerte qui vous permet de rester sur le qui-vive dans le cas où vous devriez fuir, vous figer, attaquer, vous protéger. Par ailleurs, bien souvent dans ce processus d'anxiété, vous n'attendez pas qu'une situation se réalise pour avoir recours à ce type de réponses : vous adoptez des comportements d'anticipation pouvant s'illustrer à travers l'évitement, le silence, le combat, ou encore le repli.
Le stress négatif
Le stress, quant à lui, s'installe dans une situation qui existe. Il s'agit d'un environnement, un événement, ou une personne qui vous en demande trop. Et bien que la demande extérieure soit inconfortable, vous tentez toutefois d'y répondre.
C'est une MISE EN TENSION :
pour mobiliser à l'excès vos propres ressources, voire développer de nouvelles stratégies coûteuses qui vous demandent un effort considérable
pour puiser dans votre capital énergie
Le stress met votre bien-être à l'épreuve et active la tension à tous niveaux : mentalement avec les pensées, émotionnellement avec les ressentis, et physiquement avec le système nerveux.
Lorsqu'ils s'installent sur la durée, l'anxiété et le stress sont dits chroniques.
Entre anxiété & stress, il n'y a parfois qu'un pas. Pourquoi ?
Car la construction mentale d’une situation (c'est-à-dire l’appréhension, l’anticipation ou l’imagination de celle-ci) suffit à la rendre réelle et à mobiliser l’organisme tout entier : les ressentis, les pensées et le corps.
Et vous dans tout ça ?
Il n'existe pas de chemin unique vers le mal-être, ni de règles dans l'installation de celui-ci.
C'est pourquoi il est particulièrement complexe à comprendre seul(e), principalement lorsque vous êtes au cœur de la spirale et que votre brouillard mental vous freine dans la prise de recul.
Cet article n'est pas un diagnostic. C'est une invitation à regarder où vous vous situez, aujourd'hui, dans votre réalité.
La vraie question est : d'où ça vient, pour vous ?
Est-ce l'environnement qui est toxique ? Est-ce que quelque chose se joue dans votre monde intérieur ?
Les deux à la fois ?
Et qu'est-ce que ça dit de vos besoins ?
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, une séance découverte est l'occasion de faire le point ensemble pour vous aider à y voir plus clair.
Coralie Leroy - Coach professionnelle (RNCP) Coaching personnel et professionnel Anxiété · Stress · Épuisement Améliorer la qualité de vie en renforçant la sécurité intérieure, l'estime de soi et le mieux-être


